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Histoires de Bourses / Quelques repères historiques / Paris, 1720

Paris, 1720

Manœuvres frauduleuses de la Compagnie du Pacifique au Royaume-Uni, spéculations sur la Compagnie d’Ostende dans nos provinces et surtout banqueroute de la Compagnie du Mississippi et faillite de Law en France… Le marché des actions est agité au XVIIIe siècle et la spéculation massive sur des actions (et non plus sur des marchandises) gagne… ses lettres de noblesse !

« Rue Quincampoix en l’année 1720 »
Recueil. Collection Michel Hennin. Estampes relatives à l’Histoire de France.
Tome 89, Pièces 7748-7847, période : 1720 (Bibliothèque Nationale de France)

Précurseur et…

En 1716, Law reçoit du Régent de France l’autorisation de créer une banque privée, La Banque générale. Elle est adossée à une société commerciale, La Compagnie du Mississippi, détentrice du monopole du commerce avec la Louisiane, les possessions françaises en Amérique. En 1717, la première émission d’actions (au prix de 500 livres) ne rencontre guère de succès. Law va alors innover et inventer ce qu’il faut appeler la « communication boursière ». Tracts, affiches, livres sont édités pour propager des récits fabuleux sur la colonie française du Nouveau Monde et Law s’y décrit comme un génie de la finance : le cours de l’action grimpe rapidement pour atteindre 750 livres début 1719. La même année, la Compagnie achète à l’Etat le droit de battre monnaie et la Banque générale fait fonctionner la planche à billets. Le cours de l’action s’envole : 5.000 livres fin 1719, jusqu’à 8.000 livres début 1720.

Portrait de John Law

Portrait de John Law (1671 – 1729)
par Casimir Balthasar (1811-1875)
Versailles. Musée Du Château.
© Leemage / Corbis

…escroc !

Les candidats investisseurs affluent rue Quincampoix à Paris, où les actions s’échangent dans un désordre indescriptible. La spéculation à terme, permise en France, bat également son plein.
Certains commencent cependant à se rendre compte que les bénéfices de la Compagnie sont très faibles. Et des voyageurs revenant de Louisiane la décrivent comme ne recelant aucune des richesses promises : ni or, ni argent, ni pierres précieuses ! La panique gagne les investisseurs ; en juillet, une émeute éclate entre actionnaires rue Quincampoix : 15 personnes périssent. Le cours s’effondre jusqu’à 150 livres en septembre 1720, la valeur du papier monnaie émis par la Banque générale suit la même pente !

Bien des investisseurs sont ruinés tandis que Law doit fuir la France et se réfugie à Bruxelles puis à Venise où il meurt en 1729 après y avoir vécu d’expédients et du jeu.

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