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The Mirror Room / The Mirror Room par Charles Sandison

The Mirror Room par Charles Sandison

Charles Sandison

Né en 1969 au Royaume-Uni. Il vit et travaille à Tampere, Finlande.
En 1993, il obtient un diplôme en Beaux-Arts à la Glasgow School of Art (Ecosse). L’année précédente, il réalisa sa première exposition intitulée « Invisible Cities » à la galerie Fruitmarket, à Edimbourg (Ecosse). Jusqu’à aujourd’hui, il n’a cessé d’exposer seul ou en groupe. Il a conçu et réalisé de nombreuses oeuvres exposées dans des collections publiques telles que le Museum of New and Old Art à Hobart (Australie), le Museo Nacional Reina Sofía à Madrid (Espagne), le Kunst Museum de Bonn (Allemagne) et le Denver Art Museum (Etats-Unis). En 2013, il a conçu et réalisé une composition originale, « Terrestrial echo of solar storms » pour le grand hall d’expositions « Le manège » à Moscou.

http://www.sandison.fi

Charles Sandison

Charles Sandison
in the Aurora Hall Oulu Finland
via Wikimedia Commons

Charles Sandison projection: “Manifesto (Proclamación Solemne)” (2008)
façade du Grand-Palais, exposition: “Dans la nuit, des images. Création visuelle et numérique en Europe”.
via Wikimedia Commons

The Mirror Room

L’univers des marchés boursiers est fascinant. Traditionnellement, la tenue des comptes était dévolue aux places boursières, là où étaient également cotées les actions. Les titres s’échangeaient sur le parquet de la Bourse ; ce fut le temps du ‘Floor Trading’. Pendant les années 1980 et 1990, les échanges boursiers physiques furent remplacés par les transactions téléphoniques et électroniques dans la majorité des Bourses à travers le monde. Peu experts en la matière, ses règles nous échappent et nous n’y comprenons pas grand-chose. Un artiste, Charles Sandison, confère un nouveau sens à toutes ces données qui nous paraissent abstraites, à travers la projection de chiffres et de mots.

Son œuvre se fonde sur le BEL20, l’indice boursier de référence belge, composé de 20 entreprises majeures cotées à la Bourse de Bruxelles, qui touchent de près ou de loin la vie quotidienne de la population en Belgique. Il englobe notamment l’alimentation, les secteurs pharmaceutique, bancaire, brassicole, énergétique et les télécommunications. Les nombres et les mots utilisés par Charles Sandison traduisent toute une construction mentale et la vitesse à laquelle celle-ci peut être modifiée en présence de nouveaux éléments … symbolisant un petit homme et sa capacité d’adaptation à l’environnement changeant qui l’entoure. A la fin de chaque journée, les valeurs moyennes de ces entreprises traduisent les espoirs, les rêves, les succès et les déceptions de la population entière. L’indice est le battement de cœur de tout un pays.

L’artiste a mis au point un logiciel qui intègre toutes les valeurs de l’indice boursier de Bruxelles de 1990 à 2015. Cette période marquante illustre le passage du 20ème au 21ème siècle et sera à jamais associée à la révolution numérique. Elle a eu un impact inouï et démesuré sur notre existence et notre vie quotidienne. Qu’il s’agisse des médias sociaux, du shopping, de la relaxation, des métiers ou des finances personnelles et globales, tout a changé. Le bâtiment de la Bourse de Bruxelles est la réminiscence d’une époque révolue, qui tient désormais dans une poche, mais qui englobe un univers tout entier. Grâce à un processus technologique évolutif intelligent, des milliers de chiffres prennent vie et créent une nouvelle dimension qui nous absorbe. N’oublions pas que la Bourse est un outil destiné à stimuler et à développer le commerce. Sans vouloir approuver ni dénigrer la spéculation, elle apporte un ballon d’oxygène aux entreprises à travers des investissements rigoureux, et les aide à trouver les soutiens financiers nécessaires. N’oublions pas davantage que les chiffres cachent toujours des interventions humaines.

Les valeurs composant cet indice illustrent ce changement. Elles sont en quelque sorte le miroir de notre humanité. Les œuvres d’art transforment ces nombres en schémas de données tourbillonnantes qui enveloppent le public et le plongent dans l’histoire numérique de ces 25 dernières années. Parfois les nombres reflètent la forme humaine des visiteurs qui, baignés par les projections, peuvent se regarder dans de vrais miroirs suspendus à chaque mur. L’artiste espère qu’ils immortaliseront l’image de leur reflet sur leur appareil photo ou leur téléphone portable pour ensuite la partager sur les médias sociaux. « L’œuvre vise à créer un pont entre la réalité physique de la vie quotidienne et la représentation immatérielle de notre existence et de nos activités, par l’intermédiaire d’un univers numérique telle que la Bourse contemporaine. » Ainsi, l’œuvre d’art propose un nouveau langage, une manière pour le public de tout âge de se forger sa propre philosophie sur le sens de la vie dans ce nouvel univers numérique. Son but est non pas d’enseigner au visiteur l’histoire de la Bourse, mais plutôt de lui donner un visage et une visibilité, de rendre l’expérience inoubliable.

Kunty Moureau & Charles Sandison

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